L’ostéoporose fragilise vos os et le risque de fracture vous inquiète ? Il existe heureusement des solutions.
Ce guide vous explique tous les traitements de l’ostéoporose, des habitudes de vie aux médicaments.
Les approches non médicamenteuses : la première ligne de défense
Avant même de penser aux médicaments, la base du traitement de l’ostéoporose repose sur des ajustements de votre quotidien. Ces habitudes sont essentielles pour préserver votre capital osseux et limiter le risque de fracture. Elles sont recommandées à tous, quel que soit le stade de la maladie.
Le principe : renforcer les os et éviter les chutes. C’est la première étape de la prise en charge, et la plus importante sur le long terme.
Une alimentation riche en calcium et vitamine D
Vos os sont faits de calcium. Pour rester solides, ils ont besoin d’un apport constant. Le plus simple est de trouver ce calcium dans votre alimentation. Les produits laitiers (yaourts, fromages, lait) sont une source bien connue, mais il y en a aussi dans les légumes verts (brocolis, choux) ou les amandes.
La vitamine D est l’autre élément clé. Elle aide votre corps à absorber le calcium. Le soleil est notre principale source, mais en hiver ou si vous sortez peu, une carence en vitamine D est vite arrivée. Votre médecin pourra alors vous prescrire une supplémentation.
L’activité physique pour des os plus forts
Un os qui travaille est un os qui se renforce. L’activité physique est donc un pilier du traitement. Inutile de courir un marathon, l’important est la régularité.
Les activités les plus utiles sont celles qui créent de légers impacts ou qui forcent les muscles à travailler contre la gravité. Pensez à :
- La marche rapide ou la randonnée
- Le renforcement musculaire (avec des poids légers ou au poids du corps)
- La gymnastique douce ou le tai-chi pour travailler l’équilibre
L’objectif est double : stimuler la formation osseuse et améliorer votre équilibre pour réduire le risque de chute.
La prévention des chutes au quotidien
Une fracture survient le plus souvent après une chute. Prévenir les chutes est donc un traitement à part entière. Cela passe par des aménagements simples :
- Adapter votre habitat : retirez les tapis glissants, dégagez les passages, assurez un bon éclairage la nuit et installez des barres d’appui dans la douche ou les toilettes.
- Choisir les bonnes chaussures : privilégiez des chaussures plates, bien ajustées et avec des semelles antidérapantes.
- Faire attention aux médicaments : certains somnifères ou tranquillisants peuvent augmenter le risque de chute. Parlez-en avec votre médecin.
Une meilleure hygiène de vie
Deux autres facteurs ont un impact direct sur la santé de vos os : le tabac et l’alcool. Le sevrage tabagique est fortement recommandé car le tabac accélère la perte osseuse. De même, une consommation excessive d’alcool doit être corrigée.
Panorama des traitements médicamenteux de l’ostéoporose
Quand les mesures précédentes ne suffisent pas ou que le risque de fracture est trop élevé, votre médecin peut vous prescrire un traitement médicamenteux. Il existe plusieurs familles de médicaments, chacune ayant un mode d’action différent.
Le choix du traitement dépend de votre profil : votre âge, votre sexe, la sévérité de votre ostéoporose et vos antécédents médicaux. Voici les principales options disponibles :
- Les bisphosphonates (le traitement de première intention)
- Le dénosumab (un anticorps monoclonal)
- Le raloxifène (un modulateur des récepteurs aux œstrogènes)
- Le tériparatide (un stimulateur de la formation osseuse)
- Le romosozumab (pour les cas les plus sévères)
- Le traitement hormonal substitutif (THS) pour les femmes ménopausées
Les bisphosphonates : le traitement de première intention
Les bisphosphonates sont les médicaments les plus prescrits pour traiter l’ostéoporose. Ils sont considérés comme le traitement de référence en raison de leur efficacité prouvée depuis de nombreuses années pour réduire le risque de survenue de fractures.
Mécanisme d’action et efficacité
Leur rôle est simple : ils freinent l’activité des cellules qui détruisent l’os (les ostéoclastes). En bloquant cette destruction, ils aident à maintenir ou même à augmenter la densité osseuse. Leur efficacité est bien établie pour réduire le risque de fractures vertébrales et de la hanche, les plus graves en cas d’ostéoporose.
Les différentes molécules et leurs administrations
Il existe plusieurs molécules dans cette famille, avec des modes d’administration variés pour s’adapter aux préférences et contraintes de chacun.
Les principales molécules sont :
- L’Alendronate (Fosamax, Steovess, Bonasol)
- Le Risédronate (Actonel)
- Le Zolédronate (Aclasta)
L’administration peut se faire de deux manières :
- Par voie orale : c’est la forme la plus courante, avec un comprimé à prendre une fois par jour, une fois par semaine ou deux jours par mois.
- Par perfusion intraveineuse : c’est le cas du zolédronate (Aclasta), qui est administré par une perfusion une fois par an à l’hôpital.
Il existe aussi des associations médicamenteuses comme Fosavance, Adrovance ou ActonelCombi qui contiennent un bisphosphonate avec de la vitamine D.
Précautions d’emploi et effets secondaires
La prise de bisphosphonates par voie orale demande de suivre des règles strictes pour garantir leur efficacité et éviter les irritations de l’œsophage.
Instructions pour la prise orale (sauf exception) :
- Le comprimé doit être pris le matin à jeun.
- Il faut attendre au moins 30 minutes avant de manger, boire autre chose que de l’eau ou prendre un autre médicament.
- La prise doit se faire en position assise ou debout, jamais couchée.
- Avalez le comprimé avec un grand verre d’eau du robinet (pas d’eau minérale, de jus ou de lait).
Une exception notable est l’Actonel gastro-résistant, qui se prend juste après le petit-déjeuner.
Un effet secondaire rare mais sérieux est l’ostéonécrose de la mâchoire. Le risque est très faible (estimé entre 0,01% et 0,1%), mais il est réel. C’est pourquoi un bilan bucco-dentaire est recommandé avant de commencer le traitement, et une bonne hygiène dentaire est nécessaire pendant toute sa durée.
Les autres traitements sur ordonnance
Si les bisphosphonates ne sont pas adaptés ou suffisants, d’autres options existent. Ces traitements sont souvent prescrits en deuxième intention ou pour des cas spécifiques d’ostéoporose.
Le dénosumab (Prolia) : un anticorps monoclonal en 2ème intention
Le dénosumab est un traitement de deuxième intention, souvent utilisé en relais des bisphosphonates chez les femmes ménopausées ayant un risque de fracture élevé. Vendu sous le nom de Prolia, il agit en bloquant une protéine responsable de l’activation des cellules qui détruisent l’os.
Son administration est simple : une injection sous-cutanée tous les 6 mois, réalisée par un médecin ou une infirmière. Cependant, il présente un risque important : un rebond de la perte osseuse à l’arrêt du traitement, qui peut entraîner des fractures vertébrales multiples. L’arrêt de ce traitement doit donc être très encadré par un médecin. C’est un médicament d’exception dont la prescription initiale est réservée à certains spécialistes (rhumatologues, gynécologues, gériatres).
Le raloxifène (Evista, Optruma) : un traitement ciblé pour les fractures vertébrales
Le raloxifène est un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes (SERM). Il imite l’effet protecteur des œstrogènes sur l’os. Il est surtout indiqué pour les patientes de moins de 70 ans ayant une ostéoporose principalement localisée au niveau de la colonne vertébrale.
Son efficacité est démontrée pour réduire le risque de fractures vertébrales, mais pas celui des autres fractures comme celle du col du fémur. Il se prend sous forme d’un comprimé par jour. Son principal inconvénient est qu’il augmente le risque de phlébite (accident thromboembolique veineux). Il est donc contre-indiqué chez les femmes ayant des facteurs de risque.
Le tériparatide (Forsteo) : un stimulateur de la formation osseuse
Contrairement aux autres traitements qui freinent la destruction, le tériparatide stimule directement la formation d’os nouveau. C’est un traitement « ostéoformateur ». Il est réservé aux patients, hommes ou femmes, ayant une ostéoporose sévère avec au moins deux fractures vertébrales.
L’administration se fait par une injection sous-cutanée par jour, que le patient peut réaliser lui-même. La durée du traitement est strictement limitée à 24 mois maximum au cours de la vie (le remboursement est limité à 18 mois).
Le romosozumab (Evenity) : une option pour les cas les plus sévères
Le romosozumab est un traitement plus récent, réservé à des situations très spécifiques. Il est indiqué chez les femmes ménopausées de moins de 75 ans souffrant d’une ostéoporose sévère avec un antécédent de fracture sévère.
Son utilisation est très encadrée en raison de ses contre-indications. Il ne doit jamais être prescrit à des patientes ayant des antécédents cardiovasculaires, comme un infarctus du myocarde ou un AVC. Une évaluation du risque cardiovasculaire est donc obligatoire avant de commencer ce traitement.
Le Traitement Hormonal Substitutif (THS) : une action préventive post-ménopause
Le THS est proposé aux femmes récemment ménopausées, principalement pour soulager les symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, etc.). Il a aussi un effet bénéfique sur l’os en prévenant la perte osseuse accélérée qui survient à cette période.
Il réduit le risque de fracture vertébrale, du poignet et du fémur. Pour que cet effet protecteur soit durable, le traitement doit être poursuivi pendant au moins 7 à 10 ans. La décision de le commencer se discute au cas par cas avec le médecin, en pesant les bénéfices et les risques.
Comprendre le diagnostic pour mieux traiter
Le choix du traitement repose sur un diagnostic précis de l’ostéoporose et une évaluation du risque de fracture. L’examen de référence est l’ostéodensitométrie, qui mesure la Densité Minérale Osseuse (DMO).
Le résultat de cet examen est exprimé en « T-score ». C’est ce chiffre qui permet de situer votre densité osseuse par rapport à celle d’un adulte jeune en bonne santé.
- T-score supérieur à -1 : votre densité osseuse est normale.
- T-score entre -1 et -2,5 : vous avez une ostéopénie, c’est-à-dire une densité osseuse plus faible que la normale, mais pas encore une ostéoporose.
- T-score inférieur ou égal à -2,5 : vous souffrez d’ostéoporose.
On parle d’ostéoporose sévère quand le T-score est inférieur ou égal à -2,5 et que vous avez déjà eu au moins une fracture liée à la fragilité osseuse.
Pour évaluer votre risque personnel de fracture sur 10 ans, les médecins utilisent un outil développé par l’OMS appelé FRAX. Il prend en compte plusieurs facteurs de risque (âge, poids, antécédents, etc.). Vous pouvez faire une estimation vous-même grâce à l’outil de calcul FRAX.
Coûts et remboursement des principaux traitements
Le coût des traitements de l’ostéoporose est variable. Voici une idée du Coût de Traitement Journalier (CTJ) pour les principales options, sachant que la plupart sont remboursées par l’Assurance Maladie sous certaines conditions.
- Bisphosphonates (génériques) : c’est l’option la plus abordable, avec un coût d’environ 0,31 € à 0,36 € par jour.
- Raloxifène : environ 0,41 € à 0,43 € par jour.
- Dénosumab (Prolia) : le coût journalier est d’environ 0,97 €.
- Tériparatide (Forsteo) : c’est le traitement le plus cher, avec un coût de 7,52 € par jour.
Il est important de noter que certains de ces médicaments, comme le dénosumab et le tériparatide, sont des médicaments d’exception. Leur prescription et leur remboursement sont soumis à des règles strictes et à une entente préalable avec l’Assurance Maladie.
Le traitement de l’ostéoporose n’est pas unique. Il existe de nombreuses options, et la stratégie est toujours personnalisée. La prise en charge commence systématiquement par des mesures d’hygiène de vie, qui sont la base pour des os en bonne santé.
Si un traitement médicamenteux est nécessaire, le choix se fait avec votre médecin en fonction de la sévérité de votre maladie et de votre profil. Un suivi régulier est essentiel pour s’assurer de l’efficacité du traitement et l’adapter si besoin. Le plus important est de ne pas laisser la maladie s’installer sans agir.
