Vous avez des douleurs au dos ou au cou ? On vous a parlé de discarthrose et ce mot vous inquiète ?
Pas de panique. Ce guide vous explique clairement ce que c’est et vous donne les solutions concrètes pour soulager la douleur et mieux vivre avec.
Qu’est-ce que la discarthrose ? Une définition simple
Imaginez votre colonne vertébrale comme une pile de briques (les vertèbres). Entre chaque brique, il y a un petit coussin rempli de gel : c’est le disque intervertébral. Son rôle est simple : il sert d’amortisseur pour encaisser les chocs et donner de la souplesse à votre dos.
La discarthrose, c’est l’usure de ce coussin. Avec le temps, le disque intervertébral perd de l’eau, il se déshydrate. Il devient moins souple, moins épais, un peu comme un pneu qui se dégonfle. Les vertèbres se rapprochent, et c’est ce qu’on appelle un pincement discal. C’est une forme d’arthrose qui touche spécifiquement les disques de la colonne vertébrale (rachis).
- La discarthrose lombaire touche le bas du dos (les lombaires). C’est la forme la plus courante.
- La discarthrose cervicale affecte les disques au niveau du cou.
Quels sont les symptômes et signes courants ?
Les symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre. Certaines personnes ont une usure visible à la radio mais ne sentent rien. Pour d’autres, la douleur est bien présente. Le plus souvent, le premier signe est une douleur mécanique. C’est une douleur qui apparaît ou augmente quand vous bougez, portez des charges ou restez longtemps dans la même position.
Voici les signes les plus fréquents :
- Une douleur dans le bas du dos (lombalgie) ou dans le cou (cervicalgie).
- Une raideur matinale : le dos ou le cou sont « rouillés » au réveil et ont besoin de quelques minutes pour se déverrouiller.
- Une perte de souplesse dans les mouvements.
- Des douleurs qui irradient dans les jambes (sciatique) ou les bras (névralgie cervico-brachiale) si un nerf est pincé.
Dans certains cas, l’usure du disque peut favoriser une hernie discale, lorsque le noyau du disque sort de son enveloppe et vient comprimer un nerf.
Les principales causes et facteurs de risque
La discarthrose n’a pas une seule cause, c’est souvent une combinaison de plusieurs facteurs. L’effet de l’usure s’accumule avec les années. Le facteur numéro un est tout simplement l’âge. À partir de 40 ans, l’usure des disques est un processus normal. Mais d’autres éléments peuvent accélérer le phénomène.
Les principaux facteurs de risque sont :
- L’hérédité : il y a une prédisposition familiale à avoir des disques de moins bonne qualité.
- Le surpoids : chaque kilo en trop augmente la pression sur les disques, surtout au niveau des lombaires.
- Les traumatismes répétés : des métiers physiquement exigeants (port de charges lourdes) ou certains sports à fort impact peuvent abîmer les disques plus vite.
- Les accidents : un « coup du lapin » ou une mauvaise chute peuvent fragiliser un disque.
- La sédentarité : un manque d’activité physique affaiblit les muscles du dos qui ne soutiennent plus aussi bien la colonne vertébrale.
- Le tabagisme : il diminue la bonne irrigation sanguine des disques, ce qui accélère leur dégénérescence.
Comment pose-t-on le diagnostic de la discarthrose ?
Le diagnostic commence toujours par une discussion avec votre médecin et un examen clinique. Il vous interroge sur vos douleurs, leur localisation, et les moments où elles apparaissent. Il teste ensuite la souplesse de votre dos et vérifie vos réflexes pour voir si un nerf est touché. Souvent, cet examen suffit à orienter le diagnostic.
Pour confirmer l’usure des disques et évaluer son importance, des examens d’imagerie sont nécessaires. La radiographie est souvent le premier examen demandé. Elle montre bien le pincement discal, c’est-à-dire la réduction de l’espace entre deux vertèbres. Elle peut aussi révéler la présence d’ostéophytes, des petites excroissances osseuses aussi appelées « becs de perroquet ».
L’examen le plus précis reste l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). C’est le seul qui permet de voir directement l’état d’hydratation du disque intervertébral. L’IRM est essentielle pour mesurer le degré d’usure du disque.
Pour classer le niveau d’usure, les médecins utilisent un outil de référence : la classification de Pfirrmann. Elle comporte 5 stades, allant du disque sain au disque complètement usé.
| Stade (Pfirrmann) | Description simple de l’usure du disque |
|---|---|
| Classe I | Disque sain, bien hydraté (normal chez les jeunes). |
| Classe II | Début de déshydratation. L’usure est légère, le disque est encore haut. |
| Classe III | Usure modérée. Le disque a perdu de sa hauteur et est plus sombre à l’IRM. |
| Classe IV | Usure sévère. Le disque est très aminci, noir à l’IRM, et le pincement est net. |
| Classe V | Disque « effondré ». Il n’y a quasiment plus d’espace discal, un contact osseux est possible. |
Quels sont les traitements disponibles pour soulager la discarthrose ?
Il est important de le dire tout de suite : on ne sait pas réparer un disque usé. Il n’existe pas de traitement pour guérir de la discarthrose. L’objectif de tous les traitements est donc de soulager la douleur, de préserver la mobilité et d’améliorer la qualité de vie au quotidien.
Les solutions sont progressives et s’adaptent à l’intensité des symptômes. On commence toujours par les approches les plus douces.
Les traitements médicamenteux
Lors des crises douloureuses, des médicaments peuvent aider. L’idée est de calmer l’inflammation et la douleur pour pouvoir continuer à bouger un minimum. Les options incluent :
- Le paracétamol en première intention.
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) si la douleur est plus forte ou liée à une inflammation.
- Les décontractants musculaires si les muscles du dos sont très tendus.
La rééducation et l’activité physique
C’est le traitement le plus important sur le long terme. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le repos total est déconseillé. La kinésithérapie est cruciale pour apprendre les bons gestes, renforcer les muscles profonds du dos et des abdominaux (le gainage), et faire des étirements adaptés. Un dos musclé protège mieux les disques intervertébraux.
Une activité physique adaptée et régulière est recommandée en dehors des crises. Les sports doux sont parfaits :
- La natation (surtout le dos crawlé) ou l’aquagym.
- La marche.
- Le vélo (d’appartement ou en extérieur sur terrain plat).
Les infiltrations
Lorsque les médicaments et la kiné ne suffisent pas à calmer une crise très douloureuse (notamment une sciatique), des infiltrations peuvent être proposées. Le médecin injecte un produit à base de corticoïdes directement près de la zone douloureuse pour réduire l’inflammation locale. L’effet dure de quelques semaines à quelques mois.
La chirurgie (en dernier recours)
La chirurgie est réservée aux cas les plus sévères, lorsque la douleur est insupportable, permanente, et qu’elle entraîne une perte de force ou une paralysie. On ne la propose que lorsque tous les autres traitements ont échoué. Deux techniques existent :
- L’arthrodèse : elle consiste à bloquer et souder ensemble les deux vertèbres pour supprimer le mouvement douloureux.
- La prothèse discale : elle remplace le disque usé par un disque artificiel pour préserver une certaine mobilité.
5 conseils pour mieux vivre avec la discarthrose au quotidien
En plus des traitements, de simples habitudes peuvent faire une grande différence pour gérer la douleur liée à la discarthrose et protéger votre colonne vertébrale.
- Bougez tous les jours : une activité physique régulière et douce, comme 30 minutes de marche, est essentielle pour entretenir la musculature de votre dos et la souplesse de vos articulations.
- Adoptez les bonnes postures : apprenez à vous baisser en pliant les genoux (pas le dos), à vous asseoir avec le dos droit, et à ajuster votre poste de travail pour ne pas créer de tension au niveau du dos ou du cou.
- Gérez votre poids : perdre quelques kilos peut suffire à diminuer la pression sur les disques de la région lombaire et donc à réduire la douleur.
- Adaptez votre environnement : un bon matelas (ni trop dur, ni trop mou) et un siège de bureau ergonomique peuvent changer la donne.
- Écoutez votre corps : ne forcez jamais lorsqu’une douleur apparaît. Apprenez à reconnaître les signes d’une crise pour ralentir le rythme et éviter qu’elle ne s’installe.
FAQ – Questions fréquentes sur la discarthrose
Est-ce que la discarthrose est une maladie grave ?
Non, la discarthrose n’est pas considérée comme une maladie grave. C’est un processus d’usure normal et très fréquent avec l’âge. Dans la grande majorité des cas, elle n’entraîne pas de complications sévères et peut être bien gérée avec une bonne hygiène de vie et des traitements adaptés pour la douleur.
Peut-on travailler avec une discarthrose ?
Oui, la plupart des gens continuent à travailler normalement. Pour les métiers très physiques, des adaptations du poste de travail peuvent être nécessaires, comme éviter le port de charges lourdes. Il est important d’en parler avec la médecine du travail.
Quelle est la différence entre une discopathie et une discarthrose ?
Les deux termes sont très proches. La discopathie est un terme général qui désigne toute maladie du disque intervertébral. La discarthrose est un type spécifique de discopathie : c’est la discopathie liée à l’usure et à l’arthrose.
Comment dormir pour soulager les douleurs ?
La meilleure position est celle où vous vous sentez le mieux. Souvent, la position sur le côté avec un coussin entre les genoux est recommandée pour aligner la colonne vertébrale. Si vous dormez sur le dos, un petit coussin sous les genoux peut soulager la région lombaire.
La discarthrose mène-t-elle forcément à la chirurgie ?
Absolument pas. La chirurgie reste une solution très rare, qui concerne moins de 5% des cas. Elle n’est envisagée que pour les formes très invalidantes, résistantes à tous les autres traitements pendant plusieurs mois. L’immense majorité des personnes atteintes de discarthrose n’a jamais besoin d’être opérée.
