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Phimosis : Définition, Causes et Traitements

Le prépuce de votre enfant ou le vôtre est trop serré ? C’est ce qu’on appelle un phimosis. Pas de panique, c’est une situation fréquente et des solutions existent.

Ce guide vous explique comment reconnaître et traiter un phimosis efficacement.

Qu’est-ce que le phimosis ?

Le phimosis, c’est un rétrécissement du prépuce, la peau qui recouvre le bout du pénis. Ce rétrécissement empêche de découvrir complètement le gland, ou le rend difficile et douloureux. Il faut distinguer deux types de phimosis.

Le phimosis physiologique est tout à fait normal chez le bébé et le jeune enfant. À la naissance, le prépuce est collé au gland par de petites adhérences. Avec le temps, la croissance et les premières érections, ces adhérences disparaissent et le prépuce devient mobile. Ce processus est naturel et se termine généralement avant l’âge de 5 ans, mais peut parfois durer jusqu’à la puberté.

Le phimosis pathologique, en revanche, est celui qui persiste après l’enfance ou qui apparaît à l’âge adulte. Il ne se résout pas seul et présente des risques de complications. On parle de phimosis congénital s’il est présent depuis la naissance et ne part pas, ou de phimosis acquis s’il se développe plus tard.

Quelles sont les causes du phimosis ?

Les raisons d’un phimosis ne sont pas les mêmes chez l’enfant et chez l’adulte.

Chez le bébé et l’enfant : un phénomène souvent normal

Chez les plus jeunes, le phimosis est rarement un problème. C’est une étape normale du développement. Le prépuce est attaché au gland et se sépare progressivement. C’est pour cette raison qu’il ne faut jamais forcer le décalottage d’un petit garçon. Un geste brusque peut créer des micro-déchirures, qui en cicatrisant, vont former un anneau fibreux et transformer un phimosis normal en un phimosis pathologique.

Chez l’adulte : des causes acquises ou congénitales

Lorsque le phimosis persiste ou apparaît chez l’adulte, les causes sont différentes. Soit c’est un phimosis de naissance qui ne s’est jamais réglé, soit il est apparu suite à un problème particulier. Le prépuce devient alors rigide et perd son élasticité.

Les principales causes acquises sont :

  • Des traumatismes : des décalottages forcés ou des micro-fissures lors de rapports sexuels peuvent créer un tissu cicatriciel rigide.
  • Une maladie de peau : certaines pathologies comme l’eczéma, le psoriasis ou le lichen scléreux peuvent affecter la peau du prépuce et la rendre moins souple.
  • Des infections à répétition : une inflammation chronique du gland et du prépuce (comme une balanite) peut laisser des cicatrices.
  • Le diabète : un diabète mal équilibré augmente le risque d’infections et d’inflammation du prépuce, ce qui peut mener à un phimosis.

Comment reconnaître un phimosis ? Symptômes et diagnostic

Le diagnostic du phimosis est simple et se base sur un examen clinique par un médecin. Les symptômes sont assez clairs et faciles à identifier.

Voici les signes qui doivent vous alerter :

  • L’impossibilité de rétracter le prépuce pour découvrir le gland, même lorsque le pénis est au repos.
  • Un anneau serré qui se forme et serre le pénis lors de la tentative de décalottage.
  • Le prépuce qui gonfle comme un ballon pendant que vous urinez.
  • Un jet d’urine faible, dévié ou qui part dans plusieurs directions.
  • Des douleurs lors de l’érection et des rapports sexuels.
  • Une difficulté à maintenir une bonne hygiène, avec une accumulation de smegma (une substance blanchâtre) sous le prépuce.

Qui fait le diagnostic ? Le diagnostic peut être posé par votre médecin traitant ou par un pédiatre. Ils vous orienteront ensuite vers un urologue, le spécialiste de ce type de problème, pour discuter du traitement.

Quels sont les traitements possibles pour le phimosis ?

Le traitement du phimosis dépend de l’âge du patient, de la sévérité du rétrécissement et de la gêne occasionnée. On commence presque toujours par le traitement le moins invasif.

Le traitement conservateur : la pommade à base de cortisone

C’est la première option, en particulier chez les enfants. Le traitement consiste à appliquer une pommade à base de cortisone sur l’extrémité du prépuce. La cortisone a pour effet d’assouplir la peau et de la rendre plus élastique.

Le protocole est simple : il faut appliquer la crème deux fois par jour pendant 4 à 8 semaines. En parallèle, il est recommandé de faire des étirements doux et progressifs du prépuce, sans jamais forcer. Ce traitement présente un taux de réussite de plus de 75 % chez l’enfant. Chez l’adulte, son efficacité est plus limitée et les récidives sont fréquentes.

Le traitement chirurgical : quand faut-il opérer ?

L’intervention chirurgicale est envisagée dans plusieurs cas :

  • Si le traitement par pommade a échoué.
  • En cas de phimosis très serré qui provoque des douleurs.
  • En cas de complications : infections urinaires à répétition, paraphimosis.
  • Si le phimosis entraîne une gêne importante lors des rapports sexuels chez l’adulte.

Les différentes techniques chirurgicales

Il existe principalement deux types d’opérations pour traiter un phimosis. Le choix dépend de la situation et de ce que vous décidez avec le chirurgien.

1. La circoncision (ou posthectomie)
C’est l’intervention la plus courante. Elle consiste à enlever le prépuce, partiellement ou totalement. Si l’ablation est totale, le gland est laissé à découvert en permanence. L’opération est rapide : la circoncision dure environ 30 minutes.

2. La plastie du prépuce (plastie d’élargissement)
Cette technique conserve le prépuce. Le chirurgien réalise une ou plusieurs petites incisions pour élargir l’anneau trop serré, puis recoud la peau. L’avantage est de garder l’aspect du pénis. Le principal inconvénient est le risque de récidive si la cicatrice se rétracte à nouveau. L’intervention dure entre 45 et 90 minutes.

Déroulement de l’opération et suites post-opératoires

L’opération du phimosis est une intervention bien maîtrisée. Elle est le plus souvent réalisée en ambulatoire, ce qui signifie que vous rentrez chez vous le jour même.

L’anesthésie est générale pour les enfants et le plus souvent locale ou régionale pour les adultes. Après l’opération, la douleur est généralement modérée et bien contrôlée par des antalgiques. Les soins locaux consistent à appliquer une pommade cicatrisante et à réaliser des bains désinfectants.

Les fils de suture sont le plus souvent auto-dissolvants et tombent seuls en 2 à 3 semaines. La cicatrisation complète prend environ 3 semaines. Pendant cette période, il faut éviter les bains et les rapports sexuels. Les douches sont possibles après quelques jours.

Quels sont les risques de l’opération ?
Comme toute chirurgie, il existe des risques : saignements, infection de la plaie, résultat esthétique jugé insatisfaisant. Parfois, le phimosis peut réapparaître après une plastie.

Quels sont les risques si le phimosis n’est pas traité ?

Un phimosis non traité peut entraîner plusieurs complications, dont certaines sont sérieuses.

Le risque le plus fréquent est celui des infections. L’impossibilité de bien nettoyer la zone sous le prépuce favorise l’accumulation de bactéries, ce qui peut causer des balanites (inflammation du gland) ou des infections urinaires. À long terme, cette inflammation chronique peut augmenter le risque de cancer du pénis, même si cela reste rare.

La complication la plus grave est le paraphimosis, aussi appelé « col espagnol ». C’est une urgence médicale. Cela se produit lorsque le prépuce, rétracté en force derrière le gland, ne peut plus revenir à sa place. L’anneau serré bloque la circulation sanguine et fait gonfler le gland, ce qui rend la situation encore plus douloureuse et difficile à résoudre. Il faut se rendre aux urgences immédiatement.

Qui consulter pour un phimosis ?

Si vous pensez avoir un phimosis, ou si vous avez des questions pour votre enfant, le premier réflexe est de consulter votre médecin traitant ou le pédiatre. Il pourra poser un premier diagnostic et vous rassurer.

Ensuite, il vous orientera vers un urologue. C’est le chirurgien spécialiste des voies urinaires et de l’appareil génital masculin. C’est lui qui confirmera le diagnostic et décidera avec vous du traitement le plus adapté.

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