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Sténose : Définition, Causes et Traitements

Un médecin a utilisé le mot sténose et vous ne savez pas ce que c’est ? Il s’agit simplement d’un rétrécissement d’un vaisseau ou d’un canal dans votre corps.

Ce guide vous explique clairement les différents types de sténose, les symptômes à surveiller et les traitements possibles.

Les principaux types de sténose, leurs symptômes et conséquences

Le mot « sténose » est un terme général. Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut regarder la localisation du rétrécissement. Chaque type de sténose a des symptômes et des risques différents.

Certaines sténoses ne provoquent aucun trouble, alors que d’autres peuvent être graves si elles ne sont pas traitées.

La sténose artérielle : athérosclérose

C’est la forme la plus courante. Le rétrécissement touche une artère, ce vaisseau qui transporte le sang riche en oxygène du cœur vers les organes. La cause principale est l’athérosclérose, un durcissement des artères dû à l’accumulation de dépôts de graisse (plaques d’athérome).

Ces sténoses peuvent se former dans plusieurs artères critiques du corps :

  • Les artères coronaires (cœur)
  • Les artères carotides (cou, vers le cerveau)
  • Les artères rénales (reins)
  • Les artères digestives (intestins)

La sténose carotidienne

La sténose carotidienne se situe dans le cou, au niveau de l’artère carotide interne qui alimente le cerveau en sang. Souvent, elle ne donne aucun symptôme pendant longtemps. Mais lorsque le rétrécissement devient important, il augmente fortement le risque d’AVC (accident vasculaire cérébral).

Parfois, des signaux d’alerte apparaissent sous forme d’accidents ischémiques transitoires (AIT). Ce sont des sortes de mini-AVC dont les symptômes disparaissent en moins de 24 heures. Il faut les prendre très au sérieux. Les troubles à surveiller sont :

  • Une paralysie ou un engourdissement d’un bras, d’une jambe ou de la moitié du visage
  • Des difficultés à parler ou à comprendre
  • Des troubles de la vision (vision double, perte de la vue d’un œil)
  • Des maux de tête soudains ou des vertiges

La sténose coronaire

Ici, ce sont les artères qui entourent et nourrissent le cœur qui sont touchées. Ce rétrécissement empêche le cœur de recevoir assez de sang, surtout à l’effort. Le principal symptôme est l’angor, ou angine de poitrine.

Le patient ressent une douleur forte, comme un étau dans la poitrine. Cette douleur peut s’étendre au bras gauche, à l’épaule ou à la mâchoire. C’est un signal que le cœur est en souffrance.

La sténose de la valve aortique

La sténose aortique n’est pas un rétrécissement d’une artère, mais de la valve aortique du cœur. Cette valve s’ouvre pour laisser le sang passer du cœur vers le reste du corps. Si elle est rétrécie, le cœur doit forcer beaucoup plus pour éjecter le sang. C’est un état qui fatigue le cœur.

Les symptômes de la sténose aortique apparaissent souvent tardivement :

  • Une fatigue intense et un essoufflement rapide à l’effort
  • Des douleurs dans la poitrine
  • Des malaises ou des pertes de connaissance (syncopes)
  • Des palpitations ou des troubles du rythme cardiaque (arythmie)

La sténose spinale (lombaire et canalaire)

On quitte le système sanguin pour la colonne vertébrale. La sténose spinale est un rétrécissement du canal rachidien, le tunnel osseux où passent la moelle épinière et les nerfs. Ce rétrécissement comprime les nerfs, ce qui entraîne des douleurs et d’autres troubles.

Quand la sténose est lombaire (bas du dos), les symptômes touchent surtout les jambes :

  • Des douleurs dans les fesses, les cuisses ou les mollets, qui apparaissent à la marche
  • Des engourdissements ou des fourmillements dans les jambes
  • Une sciatique persistante

Les sténoses digestives (pylorique et intestinale)

Le rétrécissement peut aussi toucher le système digestif. On distingue deux cas principaux :

1. La sténose du pylore : Elle touche surtout les nourrissons. Le pylore est le clapet entre l’estomac et l’intestin. S’il est trop étroit, les aliments ne passent pas. Le symptôme le plus net est la présence de vomissements en jet, violents, après le biberon. L’enfant a faim mais perd du poids.

2. La sténose intestinale : Le rétrécissement se situe sur l’intestin. Les aliments stagnent, ce qui cause une mauvaise absorption des nutriments. Le patient peut souffrir de constipation, de douleurs abdominales et de dénutrition.

La sténose des artères rénales

Cette sténose touche les artères qui irriguent les reins. Le principal signe est une hypertension artérielle sévère et difficile à contrôler avec des médicaments habituels. Elle est souvent découverte lors d’un bilan pour cette hypertension qui résiste au traitement.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Pour la plupart des sténoses artérielles, la cause numéro une est l’athérosclérose. C’est un processus lent où des dépôts de cholestérol et d’autres substances s’accumulent sur la paroi des artères, formant une plaque qui les durcit et les rétrécit.

Plusieurs facteurs de risque favorisent l’apparition de l’athérosclérose et donc des sténoses :

  • L’hypertension artérielle
  • La consommation de tabac
  • Le diabète
  • Un taux de cholestérol élevé
  • Le manque d’exercice physique
  • Le surpoids ou l’obésité

Le risque augmente avec l’âge. En général, les hommes sont touchés plus tôt que les femmes. Une bonne hygiène de vie aide à limiter ces risques.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Souvent, une sténose est une découverte fortuite, lors d’un examen pour une autre raison. Si des symptômes apparaissent, votre médecin lancera des investigations pour confirmer le diagnostic.

L’outil principal et le plus simple est l’échographie duplex (aussi appelée écho-doppler). C’est un examen indolore qui utilise les ultrasons pour visualiser les vaisseaux sanguins et mesurer le flux du sang. Ses avantages sont nombreux :

  • Sans radiation
  • Sans douleur
  • Très précis pour les vaisseaux proches de la peau (cou, jambes)

Dans certains cas, ou pour préparer un traitement, des examens plus poussés sont nécessaires. Il s’agit de l’IRM (imagerie par résonance magnétique) ou du TDM (scanner). Ils donnent des images très détaillées des artères et du rétrécissement.

Quels sont les traitements pour une sténose ?

Le traitement dépend de la localisation de la sténose, de sa sévérité et des symptômes du patient. L’objectif est de soulager les symptômes, d’améliorer la circulation et de prévenir les complications graves comme l’AVC ou l’infarctus.

Le changement de mode de vie

C’est la première étape, indispensable pour toutes les sténoses artérielles. Ces mesures aident à ralentir la progression de la maladie.

  • Arrêt du tabac : C’est la priorité absolue.
  • Alimentation équilibrée : Moins de graisses saturées, de sel et de sucre.
  • Activité physique régulière : 30 minutes de marche par jour suffisent.
  • Perte de poids en cas de surpoids.

Le traitement médicamenteux

Des médicaments sont souvent prescrits pour contrôler les facteurs de risque et empêcher la formation de caillots sanguins.

  • Les antiagrégants plaquettaires : Comme l’acide acétylsalicylique (aspirine), ils fluidifient le sang et préviennent la formation de caillots sur la plaque d’athérome.
  • Les antihypertenseurs : Pour contrôler la tension artérielle.
  • Les statines : Pour réduire le taux de cholestérol dans le sang.

Les interventions chirurgicales et endovasculaires

Lorsque le rétrécissement est très important ou provoque des symptômes graves, un traitement plus direct est nécessaire pour « déboucher » l’artère. Il existe plusieurs techniques.

1. L’endartériectomie : C’est une chirurgie classique, réalisée sous anesthésie générale. Le chirurgien ouvre l’artère et retire directement les dépôts qui la bouchent. C’est une technique très efficace, notamment pour la sténose carotidienne.

2. L’angioplastie avec pose de stent : C’est une technique dite « endovasculaire », car elle se fait de l’intérieur du vaisseau. Elle est moins invasive. Le médecin insère un cathéter avec un petit ballonnet jusqu’à la zone rétrécie. Il gonfle le ballonnet pour écraser la plaque et élargir l’artère. Ensuite, il place un stent, un petit ressort métallique, pour maintenir l’artère bien ouverte.

Bon à savoir : La technique endovasculaire (stent) est moins lourde pour le patient mais n’est pas toujours possible. Le choix entre chirurgie et stent dépend de la localisation, de l’état du vaisseau et du patient.

3. Le pontage : Si l’artère est complètement bouchée (occlusion complète) ou si les autres techniques échouent, le chirurgien peut créer une déviation. Il utilise un bout de veine ou une artère artificielle pour créer un nouveau chemin pour le sang, contournant ainsi la zone bloquée.

Quels spécialistes consulter ?

La prise en charge d’une sténose fait intervenir plusieurs professionnels de santé, chacun ayant un rôle précis.

  • Le médecin de famille (généraliste) : C’est votre premier interlocuteur. Il assure le dépistage, la prescription des premiers examens et le suivi des facteurs de risque.
  • Les internistes ou cardiologues : Ils posent souvent le diagnostic précis, notamment pour les sténoses aortique ou coronaire. Ils gèrent le traitement médicamenteux.
  • Le spécialiste en chirurgie vasculaire : C’est lui qui réalise le traitement chirurgical ou endovasculaire (endartériectomie, pose de stent, pontage) lorsque c’est nécessaire.

Si vous avez des symptômes ou des facteurs de risque, parlez-en d’abord à votre médecin traitant. Il saura vous orienter vers le bon spécialiste si besoin.

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