Vous devez passer une scintigraphie et ce nom vous inquiète un peu ? Pas de panique, c’est un examen d’imagerie médicale très courant.
Ce guide vous explique tout ce qu’il faut savoir sur son déroulement et ses applications, simplement.
Le principe de la scintigraphie : comment ça fonctionne ?
La scintigraphie est une technique d’imagerie de médecine nucléaire. Le but n’est pas de voir l’anatomie d’un organe, comme avec un scanner, mais de voir comment il fonctionne. C’est une image fonctionnelle.
Le principe est assez simple :
- On vous injecte un produit : On vous administre un produit très faiblement radioactif par voie veineuse, comme pour une prise de sang. Ce produit s’appelle un traceur ou un médicament radiopharmaceutique.
- Le produit se fixe sur une cible : Ce traceur est conçu pour aller se fixer spécifiquement sur l’organe ou le tissu qu’on veut étudier (le cœur, les os, la thyroïde…).
- La machine capte le signal : Une fois fixé, le traceur émet de faibles rayonnements, des rayons gamma. Une machine spéciale, la gamma-caméra, tourne autour de vous pour capter ces signaux et les transformer en images sur un ordinateur.
Le point important, c’est que la radioactivité vient de votre corps. La machine ne fait que recevoir l’information. Les doses utilisées sont faibles et maîtrisées, souvent comparables à celles d’autres examens d’imagerie médicale.
Les différents types de scintigraphie et leurs applications
La scintigraphie est utilisée dans de nombreux domaines pour le diagnostic et le suivi de maladies. Chaque type d’examen utilise un traceur spécifique pour cibler l’organe voulu. Voici les scintigraphies les plus courantes.
La scintigraphie cardiaque (ou myocardique)
Cet examen est souvent demandé par un cardiologue pour étudier le flux sanguin dans le muscle du cœur (le myocarde). Elle permet de voir si certaines zones du cœur reçoivent assez de sang et d’oxygène.
Elle est principalement utilisée pour :
- Diagnostiquer une maladie des artères coronaires (quand les artères du cœur se bouchent).
- Évaluer l’étendue d’une zone abîmée après un infarctus (nécrose).
- Vérifier l’efficacité d’un pontage ou de la pose d’un stent.
L’examen est souvent réalisé en deux temps : une partie au repos et une partie après un effort (sur un vélo ou un tapis roulant) ou après l’injection d’un médicament qui simule cet effort. La durée totale de l’examen est d’environ 2 heures, mais l’acquisition des images ne dure que quelques minutes à chaque fois.
La scintigraphie osseuse
La scintigraphie osseuse permet de visualiser l’ensemble du squelette et de détecter des zones où l’activité osseuse est anormale. C’est un examen très sensible pour repérer des problèmes que d’autres techniques d’imagerie ne voient pas toujours.
Elle sert à rechercher :
- Des métastases osseuses, dans le cadre du bilan d’extension de certains cancers (prostate, sein…).
- Des fractures discrètes, des fissures de fatigue ou des problèmes d’articulations (algodystrophie).
- Des infections osseuses (ostéomyélite) ou des inflammations (périostite).
- Des tumeurs osseuses.
Le déroulement est particulier : après l’injection du produit, il faut attendre 2 à 3 heures pour que le traceur se fixe bien sur les os. Pendant ce temps, vous pouvez quitter le service. L’acquisition des images dure ensuite environ 30 minutes.
La scintigraphie pulmonaire
Cet examen est le plus souvent réalisé en urgence pour confirmer ou exclure une embolie pulmonaire. C’est-à-dire la présence d’un caillot de sang qui bloque une artère des poumons.
L’examen se déroule en deux parties :
- La ventilation : Vous respirez dans un masque un gaz légèrement radioactif pour voir comment l’air se répartit dans vos poumons.
- La perfusion : On vous injecte un autre traceur dans une veine du bras pour voir comment le sang circule dans les poumons.
En comparant les deux séries d’images, le médecin peut voir s’il y a une zone qui est bien ventilée mais mal irriguée, ce qui est le signe typique d’une embolie.
La scintigraphie thyroïdienne
Elle permet d’étudier le fonctionnement de la glande thyroïde, située à la base du cou. Elle mesure la capacité de la thyroïde à capter l’iode, qui est nécessaire à la fabrication des hormones thyroïdiennes.
Cet examen est utile pour :
- Analyser un ou plusieurs nodules thyroïdiens (pour savoir s’ils sont « chauds » ou « froids »).
- Diagnostiquer une hyperthyroïdie (quand la glande fonctionne trop).
- Comprendre la cause d’une anomalie détectée à l’échographie ou par une prise de sang.
L’examen est assez rapide. Après l’injection, il y a un temps d’attente d’environ 20 minutes, puis l’acquisition des images dure une quinzaine de minutes. La durée totale est d’environ 45 minutes.
La scintigraphie rénale
Il existe deux principaux types de scintigraphies pour les reins, chacune avec un objectif différent.
Scintigraphie rénale au DMSA :
- Son but : Évaluer la valeur fonctionnelle de chaque rein séparément. Elle permet de savoir si un rein travaille plus que l’autre et de rechercher d’éventuelles cicatrices sur le cortex rénal, souvent après des infections urinaires.
- Durée : Environ 4 heures au total, car il faut attendre 2 à 3 heures après l’injection.
Scintigraphie rénale au MAG3 :
- Son but : Analyser le fonctionnement global des reins et surtout la façon dont l’urine est évacuée vers la vessie (le drainage). Elle est utile pour détecter un obstacle sur les voies urinaires.
- Durée : Environ 1 heure. L’acquisition des images commence juste après l’injection.
La scintigraphie cérébrale (DATSCAN)
Cet examen très spécifique est prescrit par un neurologue. Il permet d’étudier les circuits de la dopamine dans le cerveau. La dopamine est une substance chimique essentielle au contrôle des mouvements.
Le DATSCAN aide principalement à :
- Confirmer un diagnostic de maladie de Parkinson ou d’un syndrome apparenté.
- Différencier une démence à corps de Lewy d’une maladie d’Alzheimer.
Une préparation est nécessaire : il faut prendre des comprimés pour protéger la thyroïde avant l’examen. Après l’injection, il faut attendre environ 3 heures. La durée totale de l’examen est donc d’environ 4 heures.
Autres scintigraphies spécifiques
De nombreuses autres scintigraphies existent pour explorer d’autres organes ou pathologies. Voici quelques exemples :
- Aux leucocytes marqués : Pour rechercher un foyer d’infection difficile à localiser. On prélève du sang au patient, on marque ses globules blancs (leucocytes) avec un produit radioactif, puis on les réinjecte. Les images sont faites plusieurs heures après, voire le lendemain.
- Lymphoscintigraphie (ganglion sentinelle) : Utilisée en cancérologie (sein, mélanome) pour localiser le premier ganglion lymphatique qui draine la tumeur. On injecte le traceur près de la tumeur, ce qui permet au chirurgien de repérer ce ganglion et de le prélever.
- Digestive : Pour mesurer la vitesse de vidange de l’estomac ou pour rechercher l’origine d’une petite hémorragie digestive.
- Hépatobiliaire : Pour analyser le transit de la bile depuis le foie jusqu’à l’intestin.
- Parathyroïdienne : Pour localiser un adénome (tumeur bénigne) des glandes parathyroïdes.
- Mammoscintigraphie : Un examen complémentaire à la mammographie dans certains cas de cancer du sein.
Comment se déroule un examen scintigraphique ?
Même si chaque examen a ses spécificités, le déroulement général suit presque toujours les mêmes étapes pour le patient.
Avant l’examen
Il n’y a généralement pas de préparation particulière. Sauf indication contraire, il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Vous pouvez manger, boire et prendre vos médicaments habituels.
Pensez à amener le jour de l’examen :
- L’ordonnance de votre médecin.
- Votre Carte Vitale et votre attestation de mutuelle.
- Vos examens d’imagerie antérieurs (radios, scanners, IRM…) si vous en avez.
Point crucial : Si vous êtes enceinte, si vous pensez l’être, ou si vous allaitez, il est indispensable de le signaler au personnel médical avant l’injection.
Le jour de l’examen
Une fois arrivé dans le service de médecine nucléaire, un manipulateur en radiologie vous prend en charge. L’examen se passe en trois temps :
- L’injection : On vous injecte le traceur radioactif dans une veine du bras. La piqûre est similaire à une prise de sang.
- L’attente : Il faut ensuite attendre que le produit se diffuse dans le corps et se fixe sur l’organe cible. Cette durée est très variable : de quelques minutes pour la thyroïde à 2 ou 3 heures pour les os.
- L’acquisition des images : Vous êtes installé sur la table d’examen, le plus souvent allongé. La gamma-caméra se déplace autour de vous ou au-dessus de vous. Vous devez rester le plus immobile possible pendant que la machine prend les clichés. Cette phase dure de 15 à 40 minutes.
Après l’examen
Une fois les images terminées, vous pouvez repartir et reprendre vos activités normalement. Il n’y a aucun effet secondaire. Le produit radioactif s’élimine naturellement par les urines ou les selles.
On vous conseillera simplement de boire beaucoup d’eau dans les heures qui suivent l’examen pour accélérer cette élimination. La faible radioactivité restante disparaît très vite.
Questions fréquentes sur la scintigraphie (FAQ)
Voici les réponses aux questions les plus courantes sur cet examen.
- La scintigraphie est-elle douloureuse ?
Non. La seule chose que vous sentirez est la petite piqûre de l’injection, rien de plus. L’examen en lui-même est totalement indolore. - Y a-t-il des risques ou des effets secondaires ?
Non. Les produits utilisés ne provoquent pas d’allergie et les effets secondaires sont quasi inexistants. La dose de radioactivité est très faible et ne présente pas de danger pour vous ou votre entourage. - Faut-il être à jeun ?
Dans la grande majorité des cas, non. Vous pouvez manger et boire normalement. Si un jeûne est nécessaire pour un examen spécifique (comme la scintigraphie cardiaque d’effort), cela vous sera précisé lors de la prise de rendez-vous. - Combien de temps dure l’examen au total ?
La durée est très variable. Elle va de 45 minutes pour la thyroïde à plus de 4 heures pour les os ou le DATSCAN. La durée exacte dépend du temps d’attente nécessaire après l’injection. - Y a-t-il des contre-indications ?
La grossesse est la principale contre-indication. C’est pourquoi il est essentiel de signaler toute grossesse, même débutante, au personnel soignant.
La technologie derrière l’imagerie : la gamma-caméra
La machine utilisée pour une scintigraphie s’appelle une gamma-caméra ou caméra à scintillations. C’est un appareil de détection très sensible capable de localiser l’origine des rayonnements gamma émis par le corps du patient.
Elle est principalement composée de :
- Un collimateur : Une plaque de plomb percée de milliers de petits trous qui sélectionne les rayons pour former une image nette.
- Un cristal scintillateur : Un grand cristal qui produit un petit flash de lumière chaque fois qu’il est heurté par un rayon gamma.
- Des photomultiplicateurs : Des capteurs électroniques qui détectent ces flashs lumineux et les transforment en un signal électrique.
Un ordinateur traite ensuite tous ces signaux pour reconstruire une image en deux ou trois dimensions de la répartition du traceur dans l’organe. L’imagerie peut être statique, dynamique (comme un film) ou synchronisée avec l’électrocardiogramme pour le cœur.
La scintigraphie est donc un examen d’imagerie médicale qui analyse le fonctionnement de vos organes. C’est une technique sûre, qui utilise des doses très faibles de produit radioactif. Elle est essentielle pour le diagnostic de nombreuses maladies, que ce soit en cardiologie, en oncologie ou pour les os.
