Votre médecin vous a parlé d’une ostéodensitométrie et vous ne savez pas ce que c’est ?
Pas d’inquiétude, c’est un examen très courant. Ce guide vous explique tout sur cet examen : le déroulement, les résultats et le remboursement.
Pourquoi faire une ostéodensitométrie ? Les principales indications
L’ostéodensitométrie est un examen qui permet de mesurer la densité de vos os, c’est-à-dire leur solidité. Son but principal est de dépister l’ostéoporose, une maladie qui fragilise le squelette et augmente le risque de fracture. On ne vous le prescrit pas par hasard, mais dans des cas bien précis.
L’objectif est d’évaluer vos facteurs de risque pour savoir si un traitement est nécessaire, avant même l’apparition d’une première fracture.
Les indications recommandées chez la femme ménopausée
Pour une femme après la ménopause, cet examen est souvent recommandé si elle présente certaines situations médicales. La ménopause est une période où la masse osseuse diminue plus vite.
- Découverte d’une fracture vertébrale sans choc ou traumatisme important.
- Un antécédent personnel de fracture sur un os périphérique (poignet, hanche…) sans raison évidente.
- Certaines maladies ou traitements qui peuvent fragiliser les os, comme :
- un hypogonadisme prolongé,
- une hyperthyroïdie non traitée,
- un hypercorticisme (excès de cortisol),
- une hyperparathyroïdie primitive.
Les facteurs de risque justifiant un examen
Même sans maladie particulière, certains facteurs peuvent justifier un premier examen chez la femme ménopausée. Il s’agit d’évaluer le risque individuel de développer une ostéoporose.
- Un antécédent de fracture du col du fémur sans traumatisme chez un parent au premier degré (père ou mère).
- Un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 19 kg/m², qui est un signe de maigreur.
- Une ménopause précoce, c’est-à-dire survenue avant l’âge de 40 ans.
L’IMC, un indicateur simple
L’indice de masse corporelle se calcule en divisant votre poids (en kg) par votre taille (en m) au carré. Un corporelle inférieur ménopause précoce ans est un des facteurs de risque d’ostéoporose bien identifié.
L’indication liée aux traitements médicamenteux
Certains médicaments peuvent affecter la qualité de vos os. C’est le cas du traitement à la cortisone, qui est une indication pour réaliser une ostéodensitométrie, que vous soyez un homme ou une femme.
L’examen est recommandé si vous avez ou allez avoir une corticothérapie d’une durée prévisible de plus de trois mois, avec une dose de plus de 7,5 mg par jour.
Comment se déroule une ostéodensitométrie ?
Savoir comment se passe un examen médical aide souvent à être moins stressé. L’ostéodensitométrie est un examen simple, rapide et qui ne fait pas mal.
Les différentes techniques d’examen
Plusieurs méthodes existent pour mesurer la densité osseuse, mais une seule est vraiment utilisée en routine.
- L’absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) : C’est la méthode de référence. Elle utilise de très faibles doses de rayons X pour mesurer la densité minérale osseuse (DMO) au niveau de la colonne vertébrale et du col du fémur. C’est de cet examen dont on parle le plus souvent.
- Les ultrasons (QUS) : Cette technique mesure la qualité de l’os au niveau du talon, sans utiliser de rayons. Elle est moins précise et sert plutôt à une première évaluation du risque de fracture.
- Le scanner (QCT) : Plus précis que la DXA car il mesure la densité en 3D, mais il irradie beaucoup plus. Il est donc réservé à des cas très spécifiques.
Faut-il une préparation particulière ?
La réponse est simple : non, aucune préparation n’est nécessaire. Vous pouvez manger et boire normalement avant l’examen. Vous pouvez aussi prendre vos médicaments habituels.
Il y a cependant quelques contre-indications à connaître. L’examen ne peut pas être réalisé si :
- Vous êtes enceinte.
- Vous avez passé un examen avec injection de produit de contraste iodé (scanner, urographie…) il y a moins d’un mois.
- Vous avez passé une scintigraphie osseuse dans les 3 jours précédents.
Le déroulement de l’examen, étape par étape
L’examen a lieu dans un centre de radiologie, de rhumatologie ou de médecine nucléaire. Il n’y a ni piqûre, ni prélèvement.
Vous serez allongé sur une table d’examen, le plus souvent sur le dos. Un bras articulé qui contient le tube à rayons X se déplace lentement au-dessus de vous, sans jamais vous toucher. L’appareil va mesurer la densité osseuse à deux endroits clés : le rachis lombaire (les vertèbres du bas du dos) et l’extrémité supérieure du fémur. Parfois, le poignet est aussi analysé.
Pendant la mesure, on vous demandera simplement de rester immobile et de respirer calmement. L’examen est totalement indolore. La durée est très courte : l’ensemble de la procédure dure entre 10 et 20 minutes maximum.
Comprendre les résultats : T-score et Z-score
À la fin de l’examen, le médecin vous remettra un compte-rendu avec des chiffres et des graphiques. Deux valeurs sont importantes pour comprendre le résultat : le T-score et le Z-score. Elles permettent de situer votre masse osseuse par rapport à une population de référence.
Le T-score : votre densité osseuse comparée à une référence jeune
Le T-score est l’indicateur principal. Il compare votre densité minérale osseuse (DMO) à celle d’une population de référence d’adultes jeunes (30-40 ans), en bonne santé et de même sexe.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini des seuils pour interpréter cette valeur :
- Normal : T-score supérieur à -1. Votre densité osseuse est considérée comme normale.
- Ostéopénie : T-score compris entre -2.5 et -1. Votre masse osseuse est plus faible que la normale. C’est un stade intermédiaire qui augmente le risque de développer une ostéoporose.
- Ostéoporose : T-score inférieur ou égal à -2.5. Le diagnostic d’ostéoporose est posé. Le risque de fracture est élevé.
- Ostéoporose sévère : T-score inférieur ou égal à -2.5 avec en plus au moins une fracture liée à la fragilité osseuse.
Le Z-score : une comparaison avec votre tranche d’âge
Le Z-score, lui, compare votre DMO à la moyenne des personnes du même âge et du même sexe que vous. Il est moins utilisé pour le diagnostic d’ostéoporose chez la femme ménopausée.
Il est surtout utile pour les enfants, les adolescents, les hommes et les femmes avant la ménopause. Un Z-score très bas (inférieur à -2) peut indiquer qu’une autre maladie est à l’origine de la perte osseuse.
Risques, coût et remboursement de l’examen
Les questions pratiques sont tout aussi importantes. Est-ce dangereux ? Combien ça coûte ? Est-ce que la Sécurité sociale rembourse ?
Quels sont les risques et effets secondaires ?
L’ostéodensitométrie est un examen totalement indolore. Vous ne sentez absolument rien.
Concernant les rayons X, la dose de radiation est très faible. Elle est d’environ 0,5 à 4 microsieverts (µSv), ce qui est 20 fois moins qu’une simple radiographie des poumons et équivaut à la dose de radiation naturelle reçue lors d’un court voyage en avion. Le risque lié à l’irradiation est donc considéré comme négligeable.
Quel est le prix et comment être remboursé par l’Assurance Maladie ?
Le prix d’une ostéodensitométrie est d’environ 50 à 60 euros. L’Assurance Maladie rembourse cet examen à 70 % sur la base d’un tarif de 39,96 €. Le reste peut être pris en charge par votre mutuelle.
Attention, l’examen n’est remboursé que sous certaines conditions, qui dépendent de votre situation et de vos facteurs de risque.
Les conditions de prise en charge
La prise en charge par l’Assurance Maladie est possible dans les cas suivants :
- Pour un premier examen (pour tous) :
- En cas de maladie ou de traitement qui fragilise les os (hyperthyroïdie, corticothérapie de plus de trois mois…).
- En cas d’antécédent de fracture sans traumatisme.
- Pour un premier examen (chez la femme ménopausée) :
- Antécédent de fracture du col fémur sans traumatisme chez un parent du premier degré.
- Indice de masse corporelle inférieur à 19.
- Ménopause précoce (avant 40 ans).
- Pour un second examen :
- À l’arrêt d’un traitement anti-ostéoporotique (hors arrêt pour événement indésirable).
- Chez la femme ménopausée sans fracture, 3 à 5 ans après un premier examen si aucun traitement n’a été commencé et que de nouveaux facteurs de risque sont apparus.
L’ostéodensitométrie est un examen simple et rapide. Il est essentiel pour diagnostiquer l’ostéoporose et prévenir les fractures avant qu’il ne soit trop tard.
