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Dysorthographie : Comprendre ce Trouble de l’Orthographe

Les fautes d’orthographe s’accumulent et vous ne savez plus quoi faire ? Ce n’est pas un manque de travail.

Ce guide vous explique ce qu’est la dysorthographie et comment aider votre enfant avec des solutions concrètes.

Qu’est-ce que la dysorthographie ? Définition simple

La dysorthographie est un trouble durable de l’apprentissage de l’orthographe. Concrètement, la personne a beaucoup de mal à mémoriser la forme correcte des mots et à appliquer les règles de grammaire.

Ce trouble de l’écriture n’a rien à voir avec l’intelligence, la paresse ou un manque d’effort. Il s’agit d’un dysfonctionnement neurologique, un problème dans la manière dont le cerveau traite l’information écrite. C’est un trouble qu’on garde à vie, mais on apprend à le compenser avec des stratégies adaptées.

Quels sont les symptômes et les erreurs types de la dysorthographie ?

Une personne dysorthographique fait beaucoup plus d’erreurs qu’une autre au même âge. Ses difficultés sont persistantes et ne disparaissent pas avec de simples révisions. Les productions écrites sont souvent courtes et l’écriture est lente.

Voici les erreurs les plus fréquentes qui peuvent indiquer une dysorthographie :

  • Une écriture phonétique : l’enfant écrit comme il entend, par exemple « un bato sur l’o » pour « un bateau sur l’eau ».
  • Des mots mal découpés : des mots sont coupés au mauvais endroit (« lent de main » pour « lendemain ») ou soudés ensemble.
  • Des lettres ajoutées, oubliées ou inversées : par exemple, « sept » peut devenir « step ».
  • Des confusions de sons proches : il s’agit de la confusion entre des sons qui se ressemblent, comme « grogne » et « crogne » (confusion entre g/c).
  • Des confusions visuelles : des lettres qui se ressemblent visuellement sont interverties, comme « chemin » et « chenin » (m/n).
  • Des erreurs sur les sons complexes : la transcription de sons comme « ill », « gn » ou « oi » n’est pas respectée.
  • Des confusions d’homophones : les mots qui se prononcent pareil mais s’écrivent différemment sont mélangés (« a » et « à », « vert » et « vers », « son » et « sont »).
  • Des erreurs grammaticales : la personne a du mal à appliquer les règles d’accord (pluriel, féminin) ou de conjugaison (« pour les nourrires » au lieu de « nourrir »).
  • Une mauvaise mémoire de l’orthographe d’usage : même les mots les plus fréquents sont mal mémorisés. Un même mot peut être écrit de deux manières différentes dans le même texte.

Quel est l’impact de la dysorthographie au quotidien ?

L’impact de la dysorthographie va bien au-delà de la simple production écrite. Le décalage avec les autres élèves est souvent important. Des études montrent que les enfants dysorthographiques font environ trois fois plus d’erreurs d’orthographe que les autres au même niveau scolaire.

Ce handicap invisible provoque souvent des moqueries et des remarques blessantes. L’enfant ou l’adulte est perçu comme paresseux, peu intelligent ou pas assez motivé. Cette stigmatisation a des conséquences directes sur la confiance et l’estime de soi.

L’impact psychologique est réel. Une étude de l’INSERM de 2007 a montré que 28 % des enfants avec un trouble des apprentissages présentent des difficultés psychoaffectives comme l’anxiété, des troubles de l’humeur ou un déficit de l’attention.

Lien avec la dyslexie : quelle différence ?

On confond souvent dyslexie et dysorthographie, car elles sont fréquemment liées. Pourtant, ce sont deux troubles différents.

  • La dyslexie est un trouble de la lecture. La personne a du mal à identifier les mots, à lire de manière fluide et à comprendre ce qu’elle lit.
  • La dysorthographie est un trouble de l’écriture, plus précisément de l’orthographe.

Le lien est logique : un enfant dyslexique a des difficultés à mémoriser la forme visuelle des mots qu’il lit. Il est donc très probable qu’il ait ensuite du mal à les écrire correctement. La dysorthographie est souvent une conséquence directe de la dyslexie.

Les causes de la dysorthographie

La dysorthographie n’est pas causée par un mauvais environnement ou un manque de stimulation. Son origine est principalement neurologique et en partie héréditaire.

Elle fait partie de ce qu’on appelle les « troubles cognitifs spécifiques développementaux », aussi connus sous le nom de troubles « dys ». Cela signifie que le développement d’une fonction cérébrale spécifique (ici, le langage écrit) ne se fait pas normalement, alors que les autres fonctions sont intactes.

Comment diagnostiquer une dysorthographie ?

Le diagnostic est une étape clé pour mettre en place des aides. Il est posé par un professionnel spécialisé : l’orthophoniste. La première étape est de consulter son médecin traitant ou le médecin scolaire pour obtenir une ordonnance pour un « bilan orthophonique ».

Ce bilan est une série de tests qui permet d’évaluer le niveau de l’enfant et de le comparer à la moyenne de son âge. L’orthophoniste doit d’abord écarter d’autres causes possibles, comme un problème de vue ou d’audition.

Les tests utilisés sont variés :

  • Dictées de mots qui n’existent pas (logatomes) pour évaluer la transcription des sons.
  • Dictées de mots réguliers et irréguliers.
  • Dictées de phrases et de textes.
  • Exercices pour vérifier l’application des règles de grammaire et de conjugaison.

À la fin du bilan, un compte-rendu écrit est remis à la famille et au médecin. En France, le premier bilan orthophonique est remboursé par l’Assurance Maladie. Le diagnostic est souvent pluridisciplinaire, c’est-à-dire qu’il peut impliquer d’autres professionnels de santé.

Prise en charge : rééducation et traitement

Il est important de le comprendre : la dysorthographie ne se guérit pas. L’objectif de la prise en charge est la compensation, pas la guérison. On apprend à vivre avec le trouble en développant des stratégies pour le contourner.

La rééducation est menée par l’orthophoniste, lors de séances régulières (souvent une à deux fois par semaine). Ce travail peut durer plusieurs années. L’objectif est d’aider la personne à prendre conscience de ses erreurs et à mettre en place des techniques pour les éviter. L’automatisation des règles d’orthographe reste un défi majeur.

Plusieurs facteurs influencent la réussite de la prise en charge :

  • La précocité du diagnostic : plus on agit tôt, mieux c’est.
  • La motivation de l’enfant ou de l’adulte.
  • L’implication de la famille et de l’équipe pédagogique.

Aides et aménagements en milieu scolaire

Une fois le diagnostic posé, des aménagements peuvent être mis en place à l’école pour aider l’élève. Ces aides sont formalisées dans des documents officiels comme le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) ou le PPS.

Les aménagements possibles sont nombreux et doivent être adaptés à chaque situation. Voici les plus courants :

  • Du temps supplémentaire pour les évaluations (tiers-temps).
  • L’utilisation d’un ordinateur avec un logiciel de correction orthographique.
  • La présence d’une aide humaine (AESH) pour reformuler les consignes ou aider à l’écriture.
  • Une évaluation bienveillante : ne pas pénaliser l’orthographe dans les matières où ce n’est pas l’objectif principal (histoire, sciences…).

Des adaptations pédagogiques simples peuvent aussi faire une grande différence :

  • Donner les consignes une par une, à l’oral et à l’écrit.
  • Réduire la quantité de travail écrit.
  • Utiliser une police de caractères lisible (comme Arial ou Verdana) et aérer la présentation.
  • Proposer des dictées aménagées (à trous, à choix multiples).
  • Fournir des listes de mots ou des fiches de règles.

Quels outils pour aider ?
Il existe de nombreuses stratégies pour aider à mémoriser l’orthographe :

  • Aides visuelles : surligner les lettres muettes, utiliser des couleurs pour les sons complexes.
  • Aides kinesthésiques : tracer les lettres dans l’air ou dans le sable.
  • Aides auditives : épeler les mots à voix haute.
  • Aides sémantiques : créer des moyens mnémotechniques (par exemple, « l’accent de la cime est tombé dans l’abîme » pour se souvenir de l’accent circonflexe).
  • Aides morphologiques : travailler sur les familles de mots (comme « dent », « dentiste », « dentier »).

La dysorthographie chez l’adulte : diagnostic et solutions

On peut être adulte et découvrir sa dysorthographie sur le tard. Le diagnostic reste possible à tout âge en réalisant un bilan orthophonique.

Dans le monde professionnel, la dysorthographie peut être une source de difficultés, notamment avec la rédaction d’emails ou de rapports. Elle peut entraîner un manque de confiance en soi et la peur du jugement des autres.

Pour les adultes, une solution existe : la demande de RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) auprès de la MDPH. Elle permet d’obtenir des aménagements de poste, comme l’accès à des logiciels de correction performants ou de dictée vocale. La rééducation est plus rare et se concentre surtout sur la mise en place d’outils de contournement efficaces.

La dysorthographie n’est pas une fatalité. C’est un vrai trouble qui demande un diagnostic clair et des aides adaptées. Avec les bons aménagements, à l’école comme au travail, il est tout à fait possible de compenser ces difficultés et de réussir son parcours.

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