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Rubinstein-Taybi Syndrome 1 : Qu’est-ce que c’est ?

Un diagnostic de syndrome de Rubinstein-Taybi vient de tomber ? C’est normal de se sentir perdu face à cette maladie rare.

Ce guide vous explique clairement les causes, les symptômes et la prise en charge.

Le syndrome de Rubinstein-Taybi en bref : tableau récapitulatif

Pour avoir une vue d’ensemble rapide, voici les informations essentielles sur le syndrome de Rubinstein-Taybi (SRT).

Aspect Description concise
Définition Une maladie génétique rare qui affecte le développement et la croissance.
Cause Génétique Anomalie sur le gène CREBBP (chromosome 16) ou plus rarement sur le gène EP300.
Symptômes Clés Pouces et gros orteils larges, retard de croissance, retard de développement psychomoteur et traits du visage spécifiques.
Diagnostic Basé sur les signes cliniques, confirmé par un test génétique.
Prise en charge Suivi pluridisciplinaire (médical, rééducation, éducatif) pour aider au développement.

Qu’est-ce que le syndrome de Rubinstein-Taybi (SRT) ?

Le syndrome de Rubinstein-Taybi, ou SRT, est une maladie génétique rare. Il se caractérise par une association de plusieurs signes, dont les plus constants sont un retard de croissance, un développement psychomoteur ralenti et des particularités physiques.

L’origine du syndrome est une anomalie génétique. Dans la majorité des cas, elle concerne le gène CREBBP, situé sur le chromosome 16. Plus rarement, un autre gène, appelé EP300, peut être impliqué. Ces gènes jouent un rôle important dans le développement du corps avant même la naissance.

Bon à savoir : Le plus souvent, il s’agit d’une mutation « de novo ». Ce terme signifie que l’anomalie génétique est apparue accidentellement chez l’enfant. Elle n’a pas été transmise par les parents et le risque d’avoir un autre enfant atteint est très faible.

La prévalence de ce syndrome est estimée à environ 1 naissance sur 100 000 à 125 000. C’est donc une maladie très rare. Ces informations sont consolidées par des sources de référence comme le portail des maladies rares Orphanet, qui centralise les connaissances sur ces pathologies.

Quelles sont les manifestations cliniques et symptômes du SRT ?

Les signes du syndrome de Rubinstein-Taybi sont très variables d’une personne à l’autre. Certains enfants peuvent présenter de nombreuses caractéristiques, tandis que d’autres n’en auront que quelques-unes et de façon moins marquée. Il est important de retenir que chaque cas est unique.

Voici les principales manifestations que l’on peut observer.

Anomalies des pouces et des gros orteils

C’est l’une des caractéristiques les plus connues du syndrome. Les pouces et gros orteils sont souvent larges et parfois déviés (angulés). Cette particularité est présente chez la quasi-totalité des personnes atteintes.

Cette forme spécifique des pouces peut rendre la préhension fine (attraper de petits objets) plus difficile. Une prise en charge, notamment avec un ergothérapeute, peut aider à développer des stratégies pour compenser.

Traits du visage caractéristiques

Les personnes atteintes du syndrome partagent souvent des traits du visage similaires, qui peuvent inclure :

  • Une microcéphalie (un tour de tête plus petit que la moyenne).
  • Des sourcils très arqués et longs.
  • Un nez proéminent avec une base large.
  • Un palais étroit et ogival (très arqué).
  • Une lèvre inférieure parfois épaisse.
  • Un sourire particulier, avec les yeux qui se ferment à moitié.

Retard de croissance et développement

Le retard de croissance est fréquent. Il commence souvent dès la vie fœtale, mais il est surtout marqué après la naissance. Les enfants atteints du SRT ont une courbe de croissance plus lente que les autres enfants.

À l’âge adulte, la petite taille est une caractéristique commune. Le poids de naissance est souvent normal, mais la prise de poids peut ensuite être difficile durant les premières années avant de parfois s’orienter vers un surpoids à l’adolescence ou à l’âge adulte.

Déficit intellectuel et développement psychomoteur

Le développement psychomoteur est systématiquement retardé. L’acquisition des grandes étapes comme la tenue de la tête, la position assise ou la marche se fait plus tardivement.

Le déficit intellectuel est constant, mais son degré est très variable, allant de léger à sévère. Le langage est souvent l’un des domaines les plus touchés, avec des difficultés à s’exprimer oralement. La communication non verbale, comme la langue des signes, peut être une aide précieuse.

Les enfants et adultes avec le SRT sont souvent décrits comme sociables, souriants et attachants. Ils aiment le contact et la musique, et peuvent développer de belles capacités d’interaction malgré leurs difficultés de communication.

Autres anomalies possibles

D’autres problèmes de santé peuvent être associés au syndrome, mais ils ne sont pas présents chez tout le monde. Un suivi médical régulier est nécessaire pour les dépister et les traiter.

  • Problèmes oculaires : strabisme (yeux qui louchent), ptosis (paupière qui tombe), glaucome.
  • Anomalies cardiaques : présentes chez environ un tiers des enfants, elles nécessitent un suivi par un cardiologue.
  • Problèmes rénaux : malformations des reins ou des voies urinaires.
  • Anomalies dentaires : dents surnuméraires, mal positionnées, risque de caries plus élevé.
  • Difficultés respiratoires : surtout pendant le sommeil (apnées du sommeil).
  • Problèmes cutanés : une tendance à développer des cicatrices épaisses (chéloïdes).

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic du syndrome de Rubinstein-Taybi se fait en deux temps. Il repose d’abord sur l’observation clinique, puis sur une confirmation génétique quand c’est possible.

La première étape est l’examen clinique. Un pédiatre ou un généticien va rechercher l’association des signes caractéristiques : les pouces et gros orteils larges, le retard de développement, la petite taille et les traits du visage spécifiques. La présence simultanée de ces éléments oriente fortement le diagnostic.

La seconde étape consiste à réaliser des tests génétiques. Une simple prise de sang permet d’analyser l’ADN de la personne pour rechercher une anomalie sur les gènes CREBBP ou EP300. C’est la confirmation du diagnostic.

Attention : Les techniques actuelles ne permettent de trouver une mutation que dans environ 60% à 70% des cas. Un test génétique négatif n’élimine donc pas le diagnostic si tous les signes cliniques sont présents. Dans ce cas, le diagnostic reste « clinique ».

Quelle prise en charge pour le syndrome de Rubinstein-Taybi ?

Il n’existe pas de traitement curatif qui puisse guérir le syndrome de Rubinstein-Taybi. La prise en charge a pour but de traiter les symptômes, de prévenir les complications et de maximiser le potentiel de chaque enfant.

Cette prise en charge doit être précoce, personnalisée et globale. Elle repose sur une approche pluridisciplinaire, c’est-à-dire qu’elle fait intervenir de nombreux professionnels de santé qui travaillent ensemble.

Suivi médical et chirurgical

Un suivi régulier par différents spécialistes est indispensable pour surveiller et traiter les problèmes de santé associés. Cela inclut :

  • Un pédiatre pour le suivi général de la croissance et du développement.
  • Un cardiologue pour surveiller le cœur, surtout si une anomalie a été détectée à la naissance.
  • Un ophtalmologue pour dépister et corriger les troubles de la vision.
  • Un ORL pour les problèmes d’audition ou les infections à répétition.
  • Un orthopédiste, qui peut proposer une chirurgie pour corriger la déviation des pouces si elle gêne la fonction de la main.

Rééducation et thérapies

La rééducation est au cœur de la prise en charge pour aider l’enfant à progresser. Elle doit commencer le plus tôt possible.

  • Kinésithérapie et psychomotricité : pour améliorer le tonus musculaire, l’équilibre, la coordination et l’acquisition de la marche.
  • Orthophonie : pour stimuler le langage et la communication. L’orthophoniste peut proposer des outils de communication alternative (pictogrammes, signes) si le langage oral est très limité. Elle aide aussi pour les difficultés d’alimentation.
  • Ergothérapie : pour travailler sur l’autonomie dans les gestes de la vie quotidienne (s’habiller, manger, écrire) et adapter l’environnement.

Prise en charge éducative et sociale

La scolarisation est un droit et un objectif important. L’intégration peut se faire en milieu ordinaire avec l’aide d’un Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap (AESH), ou dans des classes ou établissements spécialisés (ULIS, IME).

Le projet scolaire doit être adapté aux capacités de l’enfant. L’objectif est de développer ses compétences et de favoriser son intégration sociale.

Vivre avec le SRT : évolution, pronostic et soutien

L’évolution du syndrome est propre à chaque individu. Avec une bonne prise en charge, les personnes atteintes peuvent faire de nombreux progrès tout au long de leur vie.

En l’absence de complications graves (notamment cardiaques), l’espérance de vie est généralement normale. L’objectif principal est d’améliorer la qualité de vie et de favoriser une certaine autonomie à l’âge adulte. Le niveau d’autonomie atteint dépendra du degré de déficit intellectuel et des troubles associés.

Le diagnostic d’une maladie rare comme le syndrome de Rubinstein-Taybi est une épreuve pour les familles. Le soutien psychologique est souvent nécessaire, tant pour les parents que pour la fratrie. Il ne faut pas hésiter à se faire aider.

Pour trouver de l’aide, des informations et échanger avec d’autres familles, l’Association Française du Syndrome de Rubinstein-Taybi est une ressource précieuse. Elle offre un soutien et partage les dernières avancées de la recherche.

Foire Aux Questions (FAQ) sur le Syndrome de Rubinstein-Taybi

Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur le SRT.

Le syndrome de Rubinstein-Taybi est-il toujours hérité des parents ?

Non, c’est même très rare. Dans plus de 99% des cas, le syndrome est dû à une mutation « de novo », c’est-à-dire une anomalie génétique accidentelle qui apparaît chez l’enfant sans que les parents ne soient porteurs.

Quelle est l’espérance de vie d’une personne atteinte du SRT ?

Si la personne n’a pas de malformation cardiaque ou rénale sévère, son espérance de vie est considérée comme normale. Un suivi médical rigoureux tout au long de la vie est essentiel pour prévenir les complications.

Les personnes avec le SRT peuvent-elles être autonomes ?

Le niveau d’autonomie est très variable. Il dépend principalement du degré de déficit intellectuel. Avec un accompagnement adapté et constant, beaucoup de personnes peuvent acquérir une autonomie dans les gestes du quotidien et s’intégrer dans des structures de vie ou de travail protégées.

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