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Col du Fémur : Fractures, Causes et Traitements

Une fracture du col du fémur vient d’être diagnostiquée pour vous ou un proche ? C’est une blessure fréquente, surtout chez les seniors.

Ce guide vous explique clairement les causes, les traitements et la convalescence.

Qu’est-ce qu’une fracture du col du fémur ?

Une fracture du col du fémur, c’est simple : l’os est cassé juste en dessous de la tête du fémur. Le fémur est l’os de la cuisse, et sa tête s’emboîte dans le bassin pour former l’articulation de la hanche. Le col du fémur est la partie fine qui relie cette tête au reste de l’os. C’est donc une zone fragile.

Cette fracture est un vrai problème de santé publique. On comptait plus de 75 000 hospitalisations en France en 2014, et les projections estiment ce chiffre à 150 000 par an d’ici 2050. Les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes.

Les causes dépendent beaucoup de l’âge :

  • Chez les personnes âgées (l’âge moyen est de 75 ans), une simple chute de sa hauteur suffit souvent. L’ostéoporose, qui fragilise les os, est un facteur majeur.
  • Chez un sujet jeune, il faut un traumatisme violent, comme un accident de voiture, pour casser cet os.

Il existe deux grands types de fractures dans cette zone de la hanche : la fracture du col lui-même (cervicale) et la fracture du trochanter (une autre partie haute du fémur).

Quels sont les symptômes et comment la diagnostiquer ?

Après une chute, plusieurs signes doivent alerter. La personne :

  • Ne peut plus se relever ni se mettre debout.
  • A une jambe qui paraît plus courte que l’autre.
  • A le pied et la jambe tournés vers l’extérieur.
  • Ressent une douleur forte à la hanche, même si parfois la douleur est faible.

Attention, dans certains cas de fracture dite « engrenée » (les deux morceaux d’os s’impactent l’un dans l’autre), la personne peut encore réussir à marcher un peu. Le seul moyen d’être sûr est de faire une radiographie du bassin. C’est cet examen qui confirme le diagnostic.

Comment traite-t-on une fracture du col du fémur ?

Chez une personne âgée, l’objectif numéro un est de lui permettre de récupérer l’autonomie de marche le plus vite possible. Rester alité trop longtemps entraîne des complications graves :

  • Escarres (plaies de la peau).
  • Phlébites (caillots de sang dans les veines).
  • Infections pulmonaires ou urinaires.

C’est pourquoi le traitement est presque toujours chirurgical et réalisé rapidement après la fracture.

Le traitement chirurgical : la solution de référence

L’opération est la solution la plus fréquente pour réparer une fracture du col du fémur. Le chirurgien choisit entre deux techniques principales, selon l’âge du patient et le type de fracture.

L’ostéosynthèse (vissage)

Cette technique consiste à stabiliser la fracture avec du matériel métallique. Le chirurgien remet les fragments osseux en place et les fixe avec des vis, une plaque ou un clou. L’os peut ainsi se ressouder naturellement.

L’ostéosynthèse est surtout indiquée pour :

  • Les sujets jeunes, car on préserve leur articulation d’origine.
  • Les fractures stables et non déplacées chez les personnes plus âgées.

Dans le cas d’une fracture déplacée chez un jeune, l’opération doit avoir lieu en urgence, idéalement en moins de 6 heures, pour préserver la vascularisation de la tête du fémur.

La prothèse de hanche (arthroplastie)

Ici, le chirurgien ne répare pas le col du fémur, il le remplace. Il enlève la tête et le col du fémur et implante une prothèse de hanche. Elle peut être partielle (on ne remplace que la partie fémorale) ou totale (on remplace aussi la partie du bassin).

C’est la solution la plus pratiquée chez les personnes âgées. Elle offre un avantage majeur : l’appui sur la jambe est possible très rapidement après l’opération. C’est aussi la meilleure option si le patient souffrait déjà d’arthrose de la hanche (coxarthrose).

Le traitement non chirurgical : une option limitée

Dans de très rares cas, quand l’opération est impossible (patient trop fragile) et que la fracture est non déplacée, on peut opter pour un traitement sans chirurgie. Il consiste à mettre la jambe en traction pour soulager la douleur, puis à mettre la personne au fauteuil sans aucun appui sur la jambe pendant environ 3 mois. C’est une solution contraignante avec un risque élevé de complications.

Convalescence et rééducation : que se passe-t-il après l’opération ?

L’hospitalisation dure en général environ 10 jours. Pendant ce temps, le patient reçoit des médicaments contre la douleur et des anticoagulants pour prévenir le risque de phlébite. L’équipe médicale surveille l’apparition de toute complication.

La reprise de la marche est l’étape clé. Les délais varient selon le type d’opération :

  • Avec une prothèse de hanche : la mise debout est possible dès le lendemain de l’intervention. La marche se fait avec des béquilles pendant au moins 1 mois.
  • Avec une ostéosynthèse (vissage) : l’appui est interdit pendant environ 45 jours. La marche avec appui progressif n’est possible qu’après 6 semaines, une fois que la consolidation de l’os a commencé.

Une rééducation avec un kinésithérapeute est indispensable et dure plusieurs mois. Elle commence à l’hôpital et se poursuit souvent dans un centre de rééducation ou une maison de repos. Le rétablissement complet prend entre 3 et 6 mois. Pour faciliter le retour à la maison, des aides sont souvent nécessaires, comme une aide à domicile ou un système de téléassistance.

Prévention : peut-on réduire les risques ?

Oui, il est possible d’agir pour réduire le risque de fracture du col du fémur, surtout en se concentrant sur deux aspects : la solidité des os et la prévention des chutes.

Pour lutter contre l’ostéoporose :

  • Assurez un bon apport en calcium et en vitamine D.
  • Discutez avec votre médecin d’un éventuel traitement médicamenteux.

Pour prévenir les chutes, qui sont la cause directe de la fracture :

  • Gardez une activité physique adaptée comme la marche, la gym douce ou le yoga pour maintenir l’équilibre et la force musculaire.
  • Ayez une alimentation équilibrée pour conserver un poids de forme.
  • Aménagez votre logement pour le rendre plus sûr : enlevez les tapis glissants, améliorez l’éclairage, installez des barres d’appui dans les toilettes et la salle de bain, et pensez à remplacer la baignoire par une douche sécurisée.

Quels sont les risques et l’espérance de vie ?

Il faut être clair : la fracture du col du fémur est un événement grave dans la vie d’une personne âgée. Les statistiques montrent un taux de mortalité dans l’année qui suit l’opération allant de 15 à 58 %. Le risque est plus élevé en cas de complications.

Les principaux facteurs qui aggravent le pronostic sont :

  • Un âge supérieur à 90 ans.
  • Une faible autonomie avant la chute (vie en EHPAD).
  • La dénutrition avant l’opération.
  • Des complications post-opératoires comme des infections respiratoires (9 %) ou des défaillances cardiaques (5 %).

Après un vissage, il existe un risque que l’os ne se consolide pas (pseudarthrose) ou que la tête du fémur se nécrose. Dans ce cas, une seconde opération pour poser une prothèse de hanche est nécessaire.

Une note positive : Malgré ces risques, une opération réussie et une bonne rééducation permettent de bien récupérer. Les études montrent que 20 à 60 % des patients retrouvent leur niveau d’autonomie d’avant la fracture en l’espace d’un an. L’utilisation d’une canne ou d’un déambulateur peut aider à sécuriser la marche et à maintenir une vie active.

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