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Purpura : Causes, Types et Quand Consulter ?

Vous avez des taches rouges ou violettes sur la peau qui ne disparaissent pas à la pression ? C’est le signe d’un purpura.

Ce guide simple explique les différentes causes et vous dit quand consulter en urgence.

Qu’est-ce que le purpura et comment le reconnaître ?

Le purpura n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme. Il s’agit de petites taches rouges ou violacées sur la peau, causées par une fuite de sang hors des petits vaisseaux sanguins, les capillaires.

La caractéristique principale du purpura, c’est qu’il ne disparaît pas quand on appuie dessus. C’est le test de la vitropression. Prenez un verre transparent, appuyez fermement sur une tache. Si elle reste visible, il s’agit bien d’un purpura. Une simple rougeur, elle, disparaîtrait.

Ces lésions peuvent avoir différentes formes :

  • Les pétéchies : de minuscules points rouges, comme une tête d’épingle.
  • Les ecchymoses : des plaques plus larges, semblables à des bleus.
  • Les vibices : des traînées linéaires.

Avec le temps, leur couleur évolue du rouge-violet au brun-jaune, comme un bleu classique. Le purpura apparaît le plus souvent sur les jambes et les fesses, mais il peut toucher n’importe quelle partie du corps.

Quelles sont les causes et les différents types de purpura ?

L’apparition d’un purpura peut avoir de nombreuses causes, des plus bénignes aux plus graves. Pour simplifier, on peut les classer en plusieurs grandes familles selon leur origine.

Le purpura d’origine hématologique : un problème de plaquettes

Les plaquettes sont des cellules du sang qui aident à la coagulation. Si elles sont trop peu nombreuses ou ne fonctionnent pas bien, le moindre petit choc sur les vaisseaux capillaires peut provoquer une fuite de sang.

On distingue principalement deux cas :

  • La thrombopénie : C’est une baisse du nombre de plaquettes (en dessous de 150 000 par mm³). La cause la plus connue est le purpura thrombopénique idiopathique (PTI), une maladie auto-immune où le corps fabrique des anticorps contre ses propres plaquettes.
  • La thrombopathie : Ici, le nombre de plaquettes est normal, mais elles fonctionnent mal. Le temps de saignement est allongé. Cette maladie peut être congénitale ou acquise.

Certains troubles de la coagulation congénitaux, comme la maladie de Willebrand ou l’hémophilie, peuvent aussi être en cause.

Le purpura d’origine vasculaire : une atteinte de la paroi des vaisseaux

Dans ce cas, le problème ne vient pas des plaquettes mais de la paroi des vaisseaux sanguins qui est abîmée ou enflammée. Elle devient perméable et laisse le sang s’échapper.

Les causes sont variées :

  • Les vascularites : Il s’agit d’une inflammation de la paroi des vaisseaux. Le plus connu chez les enfants est le purpura rhumatoïde (ou maladie de Henoch-Schönlein). Il existe de nombreuses autres vascularites chez l’adulte (vascularites à ANCA, périartérite noueuse…).
  • Les maladies auto-immunes : Des maladies comme le lupus ou le syndrome des antiphospholipides peuvent fragiliser les vaisseaux.
  • La fragilité capillaire : Avec l’âge, la peau et les vaisseaux deviennent plus fragiles. C’est aussi le cas dans certaines maladies génétiques comme le syndrome d’Ehlers-Danlos.
  • L’insuffisance veineuse chronique : Une mauvaise circulation dans les jambes peut provoquer une pression élevée dans les capillaires, qui finissent par laisser fuir du sang. Cela donne des taches brunes sur les chevilles, appelées « dermite ocre ».

Le purpura d’origine infectieuse : une réaction du corps

Une infection peut aussi provoquer un purpura. Le plus souvent, il s’agit d’infections virales courantes et sans gravité.

  • Infections virales : La mononucléose, la rougeole ou un simple syndrome grippal peuvent être accompagnés de pétéchies.
  • Infections bactériennes graves : C’est le cas le plus urgent. Certaines bactéries, notamment le méningocoque, peuvent provoquer une infection du sang (septicémie) qui se manifeste par un purpura fulminans.

ATTENTION : Urgence Médicale
Le purpura fulminans est une urgence vitale. Il se présente comme des taches qui s’étendent très rapidement, accompagnées de fièvre élevée et d’une dégradation de l’état général. Si vous suspectez cela, appelez immédiatement le SAMU (15).

Autres causes fréquentes de purpura

Enfin, d’autres situations peuvent expliquer l’apparition de ces taches :

  • Les causes bénignes : Un choc, un traumatisme léger ou même un effort physique intense (forte toux, vomissements) peuvent faire éclater de petits capillaires, notamment sur le visage.
  • La prise de médicaments : Certains traitements qui fluidifient le sang, comme les anticoagulants (héparine, warfarine) ou les antiagrégants plaquettaires (aspirine), augmentent le risque de purpura.
  • Les carences nutritionnelles : Une carence sévère en vitamine C (scorbut), bien que rare aujourd’hui, peut aussi en être la cause.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Face à un purpura, le médecin va chercher la cause afin de proposer le bon traitement. Le diagnostic repose sur deux étapes clés.

L’examen clinique et l’interrogatoire

Le médecin commence par un examen physique complet. Il vérifie le type de lésions, leur localisation et confirme qu’il s’agit bien d’un purpura avec le test de vitropression. Il cherche aussi d’autres signes : fièvre, douleurs aux articulations, gonflement, etc.

Ensuite, il vous posera plusieurs questions :

  • Quand les taches sont-elles apparues ?
  • Avez-vous eu un choc, une infection récente ?
  • Prenez-vous des médicaments ?
  • Avez-vous des antécédents familiaux ou personnels ?

Les examens complémentaires

En fonction de ses premières observations, le médecin demandera des analyses pour affiner son diagnostic. Les examens les plus courants sont :

  • Un hémogramme (prise de sang) : Il permet de mesurer le taux de plaquettes et de vérifier s’il y a une thrombopénie.
  • Des tests de coagulation : Pour évaluer le bon fonctionnement de la coagulation du sang.
  • Des marqueurs inflammatoires (CRP, VS) : Pour détecter une éventuelle inflammation ou infection.
  • Une recherche d’anticorps : En cas de suspicion de maladie auto-immune (recherche d’ANCA, d’anti-nucléaires…).
  • Des hémocultures : Si une infection bactérienne grave est suspectée.

Dans certains cas plus complexes, une biopsie de la peau ou du rein peut être nécessaire pour analyser les tissus au microscope.

Quels sont les traitements possibles du purpura ?

Le traitement du purpura dépend entièrement de sa cause. On ne traite pas le symptôme (les taches), mais la maladie qui en est à l’origine.

Les approches sont donc très différentes :

  • Pour les purpuras bénins (chocs, efforts) : Aucun traitement n’est nécessaire. Les taches disparaissent toutes seules en quelques jours.
  • Pour les troubles de la coagulation (PTI) : Le traitement peut inclure des corticostéroïdes, des immunoglobulines en intraveineuse, des transfusions de plaquettes si le risque de saignement est très élevé, ou d’autres médicaments plus spécifiques. Dans les cas résistants, l’ablation de la rate (splénectomie) est une option.
  • Pour les infections : Une antibiothérapie en urgence est vitale pour les infections bactériennes graves. Pour les infections virales, le traitement est le plus souvent symptomatique (repos, gestion de la fièvre).
  • Pour les vascularites et maladies auto-immunes : Le traitement repose sur des corticostéroïdes et des immunosuppresseurs (méthotrexate, azathioprine) pour calmer l’inflammation et la réaction du système immunitaire.
  • Pour une cause médicamenteuse : La solution est simple : l’arrêt du médicament responsable, après avis médical.
  • Pour l’insuffisance veineuse : Le port de bas de compression est la base du traitement.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Même si de nombreux purpuras sont sans gravité, il ne faut jamais le prendre à la légère. Certains signes doivent vous alerter et vous pousser à consulter un médecin ou les urgences sans attendre.

Consultez en urgence si le purpura est associé à :

  • Une fièvre élevée
  • Une altération de l’état général (grande fatigue, confusion)
  • Des maux de tête violents ou une raideur de la nuque
  • Des douleurs articulaires importantes ou un gonflement
  • Des douleurs au ventre
  • La présence de sang dans les urines ou les selles
  • Une extension très rapide des taches sur le corps

Ces symptômes peuvent être le signe d’une cause grave, comme une méningite ou une vascularite sévère, qui nécessite une prise en charge médicale immédiate.

Foire Aux Questions (FAQ)

1. Tous les purpuras sont-ils graves ?

Non, beaucoup de purpuras sont bénins, liés à un petit choc ou à un effort. Cependant, comme il peut aussi être le signe d’une maladie grave, un avis médical est toujours nécessaire pour écarter les causes potentiellement dangereuses.

2. Le purpura est-il contagieux ?

Non, le purpura en lui-même n’est pas contagieux. Ce sont des taches de sang sous la peau. Par contre, l’infection qui peut le provoquer (comme une méningite ou la mononucléose) peut, elle, être contagieuse.

Le purpura est un signal que votre corps vous envoie. Il est important de l’écouter. La plupart du temps, l’origine est simple et sans danger. Mais il agit aussi comme une alerte pour des maladies plus sérieuses.

Ne l’ignorez jamais. Une consultation chez votre médecin permet d’établir un diagnostic précis et de commencer le bon traitement si nécessaire.

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